«Temps du confinement : Ne pas perdre le sel de la relation conjugale »

Nous voilà déjà presque à la fin de notre cinquième semaine de confinement… Oui, un grand mois est déjà passé et je pense à tous les couples et toutes les familles pour lesquelles j’écris (et les autres)… Comment cela se passe-t-il chez vous ?  Bien, la plupart du temps, lorsque le couple est suffisamment solide, adaptable et en capacité de prendre avec légèreté, avec humour même,  les évènements sur lesquels il  n’a pas de prise.  Mais les huis-clos conjugaux peuvent se révéler éprouvants. En effet ce temps particulier vient peut-être renforcer ce qui au quotidien était déjà difficile :

Les travers de mon conjoint   : son rapport à l’argent ; son égoïsme, ou au contraire, sa propension à toujours s’occuper du bien-être des autres, au détriment de moi ?

Ses petites manies (sa manière de beurrer ses tartines au petit-déjeuner ; de ne pas ranger la salle de bain après usage ; ou de toujours trop bien ranger chaque outil ou ustensile immédiatement après s’en être servi…)

Ses sujets de conversation récurrents, ou son manque de conversation/sa difficulté à communiquer

Son rapport aux enfants :  Il/elle est toujours sur leur dos ; il ne s’en occupe pas assez pour me soulager ; à sa famille, qui prend tellement de place…

Toutes ces manières d’être, qui peuvent être, au quotidien, sujet de plaisanterie ou petits agacements, de ceux dont on se plaint avec tendresse devant les amis, peuvent avec le confinement devenir des sujets  d’irritabilité intérieure ou même de guerre ouverte. Certains  disent qu’ils vont craquer*…

Car alors le regard que je porte sur mon conjoint a perdu sa bienveillance et j’ai du mal à voir le positif des situations. C’est là qu’une spirale délétère peut s’installer et polluer notre relation. Une remarque : Si je suis agacé( e) par mon conjoint… N’est-ce pas réciproque ??

Même si  cette période peut être révélatrice des personnalités de chacun, évitons de faire de ce temps spécial un  examen de passage du couple ! C e n’est surtout le temps des bilans définitifs. Si le moment est difficile, appuyons-nous sur ce que nous avons déjà traversé ensemble (maladie, naissance, période professionnelle…), que nous avons dépassé ; appuyons-nous plutôt l’un sur l’autre   pour envisager le présent et l’avenir.

Prenons un peu de recul, ou, si vous préférez, prenons de la hauteur afin de voir, dans notre époux/épouse, la personne que nous avons choisie, à qui nous avons un jour dit OUI, et qui ne peut être réduite à ses comportements, c’est-à-dire à ce qui devient pour nous sujet d’agacement, voire de conflit. Si nous lisons ces lignes ensemble, prenons le temps de pointer gentiment ce qu’elles veulent dire pour nous en pratique, et échangeons là-dessus. Chacun pourra alors se sentir écouté et par là souhaiter faire un pas pour se rapprocher de l’autre.

 

Et pourquoi, malgré le confinement qui ne nous permet pas beaucoup d’éloignement (!), ne pas conserver ou renouer avec les rites  de fin de journée, où nous étions heureux de nous retrouver après nos journées de travail ?  « As-tu  passé une bonne journée ? » Même si nous avons été toute la journée dans la même maison, pourquoi ne pas poser la question ? Pourrions-nous nous offrir un petit temps pour nous, tous les deux, même si nous avons été toute la journée dans la même maison, un moment de calme, voire de tendresse ? N’oublions pas ces moments indispensables pour nous concentrer l’un sur l’autre, nous re-brancher l’un sur l’autre,  refaire connexion… bref, ce qui donne du sel, ce qui permet à notre vie conjugale de ne pas risquer de devenir une aimable cohabitation !

En écrivant cette page, je pense à toutes les personnes retraitées qui, elles, vivent au quotidien –moins confiné d’habitude, il est vrai–  cette manière plus constante de vivre la relation avec son conjoint. Elles aussi peuvent s’inspirer des lignes ci-dessus. Attention ! Prendre soin l’un de l’autre n’est pas de la surprotection !   Prendre soin de l’autre, c’est le laisser vaquer à ses occupations, c’est le laisser être, c’est accepter nos divergences de vue, et rendre possible que chacun prenne un temps à l’écart quand et parce qu’il en a besoin. Prendre soin, ça peut-être aussi trouver ce temps dans chaque  journée pour signifier à mon conjoint combien il est elle est une personne spéciale pour moi,  et combien je suis heureuse/heureux que nous poursuivions la route ensemble…

Et je ne veux pas passer cette chronique sans une pensée pour ceux des conjoints qui ne sont pas confinés ensemble, par exemple du fait de leur travail, ou pour une autre raison. Et du coup la souffrance de ne pas être ensemble peut se révéler vive et source de frustration. Alors, trop ensemble ou pas assez ?  Vivons au mieux ce qui nous est imposé, en goûtant autant que possible les petites joies offertes !

 

*Prêt/te à craquer ? Je suis à votre disposition. Certaines personnes, certains couples sont actuellement accompagnés par téléphone ou skype.  Vous pouvez aussi simplement avoir besoin de parler, de déposer quelque chose de votre vie.N’hésitez pas!

Cet article a été publié dans Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s