«Temps du confinement : et si on allait vers le pardon ? /2 : dans le couple»

 

Rares sont les couples -existent-ils vraiment?- qui ne sont jamais en désaccord;  qui ne se sont jamais blessés; qui ne se sont jamais déçus. Le couple parfait? Je ne l’ai pas encore rencontré. Gageons que notre conjoint, lui, n’est pas parfait –pas plus que nous ne le sommes ;). Et le meilleur des couples ne vit pas sans un jour ou l’autre  connaître de ces « petites morts » que sont les offenses faites à l’autre ou reçues  de l’autre:

Tu m’as mal parlé…

Tu m’as caché une dépense…

Quand on est dans ta famille tu ne t’occupes pas de moi…

Tu ne m’aides pas suffisamment dans la maison…

Tu ne reconnais pas ma valeur…

Tu me critiques toujours quand je suis au volant…

Tu ne dis pas que tu m’aimes…

 

Ces « offenses »  sont ponctuelles ou récurrentes, légères ou plus gravement ressenties. Dans tous les cas, si elles ne trouvent pas leur résolution elles risquent d’empoisonner plus ou moins  durablement notre relation. Une seule voie pour les dépasser : celle du  pardon.

Pardonner est un acte volontaire et libre ; c’est choisir librement le bien au lieu du mal.  C’est un acte de liberté, d’humilité et de courage. Oui, j’ai été humilié, blessé, meurtri ; oui, je devrais lui en vouloir, et je lui en veux. Oui, je suis en colère et je n’accepte pas ce qu’il/elle m’a fait. Et pourtant, parce que je l’aime, parce que je lui ai dit « oui » pour toujours, j’accepte de le/la  regarder, de lui parler, de le reprendre par la main. Je pourrais ne pas le faire. Mais je le fais parce que je choisis notre bonheur. Pardonner, c’est arrêter l’histoire du mal.

Le pardon, c’est un chemin. Quand nous sommes blessés, il faut le temps que les plaies se referment. Tout ce qui touche à la fidélité demande du temps pour retrouver les dispositions d’une confiance. Mais c’est la seule solution, le seul chemin pour retrouver la vie.

Même si une plaie est refermée, la cicatrice peut me faire mal, de temps en temps. Elle se rappelle à moi… désagréablement. Elle peut rester vive (par exemple après une blessure grave qui touche à la fidélité) ; mais j’arrive à mieux vivre avec. Pardonner, ce n’est pas oublier. Ce qui s’est passé restera entre nous et fera partie de notre histoire de couple.

Pardonner, ça peut prendre du temps des deux côtés. Certains laissent passer des jours, des semaines, sans revenir l’un vers l’autre… Parce qu’il faut parfois du temps  pour mûrir les mots que je voudrais dire, du temps aussi pour accepter tes mots de pardon. Ce temps est évidemment variable selon la gravité de la blessure reçue, et selon le caractère de chacun… De la demande de pardon au pardon, il peut y avoir un décalage.

Tu me demandes pardon, mais je ne suis pas prêt (je suis encore dans la colère, le chagrin, les sentiments négatifs)

Tu  me pardonnes, mais je ne suis pas prêt (je suis encore trop dans le sentiment de ma faute, dans ma culpabilité)

Ici la patience est nécessaire afin que nos temps s’accordent.

On peut au moins accuser réception: J’ai entendu tes mots de pardon ; j’ai le désir de te pardonner, même si je n’en suis pas encore là.  Attention à ne pas offrir un pardon trop vite « parce que quand on est Chrétien, on doit pardonner ». Il faut que la démarche soit vraie !

Certains disent « je me m’excuse jamais, je n’ai jamais vu mes parents  s’excuser ni se pardonner » ou encore : « S’excuser, c’est un signe de faiblesse, disait mon père.

Il est vrai que certains n’ont pas appris le pardon : cela ne vaut pas dire qu’on ne peut pas y travailler,  pour le bien-être de son couple et de sa famille !

C’est pourquoi, vis-à-vis de nos enfants, ne négligeons pas  la question du pardon dans l’éducation. Quel service cela rendra-t-il à nos enfants pour toute leur vie ; et quel beau cadeau pour eux de voir un vrai pardon à l’oeuvre dans la famille, entre les parents, de parent à enfants, d’enfant à parent, de frère à sœur… !

En couple : Peut-être cette question du pardon vous rejoint-elle,  mais vous ne savez pas trop comment vous y prendre… Vous pouvez y être aidé. Je vous redis ma disponibilité dans ce sens.

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