« Couple confiné : qu’est-ce qui change dans notre communication ? »

jeudi 27/3/20

La communication conjugale est un sujet dont on n’aura jamais fait le tour… et qui occupera l’espace de plusieurs chroniques.

En couple « H24 », comme disent certains, dans un espace partagé : c’est ce que vivent déjà plus ou moins ceux des équipiers qui liront ces lignes et vivent, depuis un moment déjà,  le temps de la retraite. Ceux-là sont entrés, de manière prévue, dans un temps différent  qui leur laisse le loisir d’occupations distinctes, d’une vie à deux qui a pu se définir, dans le meilleur des cas, de manière à ce que chacun trouve son équilibre. Ce qui n’est pas toujours si facile : J’ai en consultation conjugale nombre de ces couples qui peinent à définir et à bien vivre cet équilibre délicat de  la retraite. Or aujourd’hui, retraités ou actifs, couples au long cours ou jeunes ménages, avec ou sans enfants présents, nous voilà tous logés à la même enseigne du confinement…

Un rappel : parler, communiquer, ce n’est pas la même chose ! Parler : Quel besoin avons-nous chacun de parole, de silence ? Nous ne sommes sans doute pas égaux sur ce point comme sur d’autres. Soyons attentifs particulièrement ces jours à cette première donnée : chacun des deux a –t-il son espace suffisant de silence (lecture, méditation.. ; ou rien du tout), ou de parole partagée ? Prenons le temps de réfléchir – nous connaissons notre conjoint ; de chercher ce qui lui plaît –nous sommes attentifs à son bien-être ; de lui poser la question – nous cherchons à vraiment nous faire proche…

Car c’est là que commence la véritable communication, qui n’est pas bavardage, mais échange. Et avant d’entrer dans un sujet ou un autre, offrons nous un temps non inutile de méta-communication. C’est-à-dire « communiquer sur notre manière de communiquer ». Est-ce que lorsque je te parle je suis attentif(ve) à ce que ce soit pour toi le bon moment ? Et sinon, est-ce que je suis capable de patienter ? Est-ce que je respecte ton rythme ? Est-ce que nous nous offrons de bonnes conditions pour échanger ? Est-ce que nous attendons un moment de calme (les enfants couchés… le télétravail terminé…) ? …

Car, rappelons-le, le principe de base de la communication est de mettre en phase un émetteur et un récepteur. L’émetteur c’est toi, le récepteur c’est moi, alternativement ; les deux voyants émetteur et récepteur doivent être au vert : sinon le risque est que la parole soit perdue ; ou mal entendue ; ou pas prise au bon niveau d’importance ; avec les suites possibles : « tu ne m’écoutes pas (variante : … jamais)… et même des ressentis négatifs, qui peuvent s’accumuler (« Je ne me sens pas entendu(e)…. Comment suis-je encore important  pour lui/elle ?)

Ce qu’il me semble important de dire aujourd’hui, c’est que cette mise en place d’une suffisante qualité de communication est préalable  aux sujets abordés, quelle que soit leur importance. Et le temps de confinement ne nous en dispense pas, bien au contraire ! Et la qualité de notre communication conjugale (et familiale aussi, évidemment) dépendra aussi de notre bienveillance à l’égard de l’autre. La bienveillance, un mot essentiel.

Prochaine chronique : Couple confiné et communication : la bienveillance

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Couple confiné : couple fragilisé ?

mardi 23/3

Cette période singulière nous place physiquement, conjoints, enfants, parents ou beaux-parents peut-être,  dans une proximité inhabituelle. Et c’est quasiment du jour au lendemain que nous avons tous fait face à une situation inédite. Nous n’avons sans doute pas anticipé ces nouveaux modes relationnels imposés par la situation sanitaire…

Certains couples pourraient se réjouir de l’aubaine : tous ces jours ensemble ! Sans être pressés par ce temps qui d’habitude nous fait défaut… Combien de couples, en consultation, déplorent de ne pas parvenir à se rencontrer vraiment au cours de la semaine, qui file trop vite : horaires de travail décalés, tâches quotidiennes prenantes, quand trouver du temps pour nous ? Nous travaillons alors sur les besoins et désirs de chacun, sur la volonté des deux, sur la créativité aussi qui permet d’imaginer des espaces, même brefs, mais vitaux à chaque couple. Car un couple meurt d’un  manque de nous.

Or, passer aujourd’hui de on se voit trop peu à on se voit trop ? Lorsque le quotidien nous impose une relation constante de proximité, les couples les plus solides ont à s’adapter… Comment gérons-nous nos usures, frottements, agacements, qui ne sont sans doute pas nouveaux… mais se trouvent exacerbés par une mise en  présence continuelle ?

Les chanceux ont une maison, un jardin, un garage, de l’espace !

D’autres doivent cohabiter en appartement, sans parfois le moindre balcon.

Aux premiers, je dirais : offrez-vous chacun une pièce personnelle, que vous investissez, dans laquelle vous travaillez, vous vous reposez, vous vous adonnez aux activités qui vous font du bien ; offrez-vous mutuellement le droit d’occupation de cet espace, parce que vous y trouverez votre respiration, et un coin à vous. Il ne s’agit pas de se préserver de notre conjoint, mais de se faire du bien à soi, à certains moments de la journée, pour se retrouver à d’autres autour d’un café ou d’un moment d’échange en couple.

Pour les autres, l’espace sera plus intérieur, provoqué, marqué cependant par une organisation plus ou moins formelle, et convenue ensemble : on n’a pas besoin de tout faire ensemble, de se parler   sans cesse,  et chacun a sans doute besoin de préserver sa propre paix. Prenons le temps d’en parler, d’exprimer ce dont nous avons besoin et qui serait possible à mettre en place.

Et les enfants, là-dedans ?

Bien sûr ils empiètent sans cesse sur le territoire du couple, et d’autant plus que l’espace est restreint. S’ils sont petits, ils réclament beaucoup de temps et d’attention. Et cependant,  cela peut aider les couples d’alterner leur rôle parental, de laisser l’autre s’occuper des devoirs, des jeux… puis de prendre le relais ; et ainsi de souffler un peu, sans mauvaise conscience.

Pourquoi ne pas expliquer aussi aux enfants combien la vie de famille a besoin d’être structurée, de trouver ses repères actuels (on peut y réfléchir ensemble, voir chronique de samedi 21), et combien les parents ont besoin de temps à eux ? Quel que soit leur âge les enfants peuvent entendre ce discours qui met le couple à une place particulière et leur indique combien la conjugalité est la source de la famille.

Alors s’il est vrai que la vie de couple peut rapidement être mise à mal par la proximité imposée en ces temps de confinement, elle peut aussi tirer un bénéfice, à condition d’adapter aussi, peut-être, et d’approfondir notre manière de communiquer.

Ce que nous verrons dans notre rendez-vous de samedi :

« Couple confiné : qu’est-ce qui change dans notre communication ? »

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le couple confiné!

Voilà qu’en ces temps si particuliers de confinement, le travail, précisément, revêt des formes singulières… Certains adultes télé-travaillent,  d’autres vivent malgré eux une vacance  forcée.  Scolaires et étudiants sont contraints à étudier différemment, et leurs parents à faire respecter les consignes, cours et exercices,  donnés à distance  par les professeurs.

Un temps, tout le temps, à la maison : Or nous ne sommes ni en vacances, ni en congés… Comment inscrire ce temps dans la durée pour  les prochains jours, les prochaines semaines ? Il me semble  que la réflexion pourrait s’ordonner autour  de ces deux très beaux mots que sont La FIDELITE et la CREATIVITE.

Fidélité à un rythme de vie :  A quelle heure, le lever, le coucher, les repas, les devoirs, la mise en route du travail pour chacun, la récréation, le repos ?

Fidélité au goût du travail bien fait : même à distance, quel soin apportons-nous à rendre un travail de qualité, bien présenté ?

La fidélité nous permet de structurer  nos journées afin d’en recueillir une suffisante satisfaction.

La fidélité, nous l’apprenons dans ce qui fait la matière de nos engagements. Les enfants sont engagés dans leurs activités, scoutisme, sport… Quelles formes peut prendre pour eux cette fidélité afin que la vie quotidienne reste structurée et porteuse de sens ? Les couples, eux qui ont choisi de s’unir « pour le meilleur et pour le pire » ,n’avaient sans doute pas prévu un confinement qui les  place dans une proximité extrême, source éventuelles de tensions inconfortables. Quelle fidélité à notre projet de couple quand les circonstances nous déplacent malgré nous ?

La créativité a toute sa place dans ce temps familial resserré. Pourquoi ne pas inclure chacun, de sa place et de son âge, dans un « conseil de famille «  qui pourrait avoir comme ordre du jour : quelles règles à inventer, quelles idées à trouver pour inventer cet espace commun afin qu’il permette une vie familiale différente ?  Contraintes, bien sûr, et règles de vie en société, mais aussi partage des tâches et des espaces, et surtout… fantaisie, pour transformer ce temps en une opportunité unique de changer les regards, d’oser certaines réorganisations, de penser notre famille (un peu) autrement. Le tout dans le respect des consignes de sécurité sanitaire !

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